lundi 9 janvier 2017

La montagne morte de la vie, de Michel Bernanos

Prenez un père monumental, Georges Bernanos, l’auteur de Sous le soleil de satan et du Journal d’un curé de campagne, une famille déterminée et engagée dès les premières heures de la France libre avec le Général De Gaulle, un enfant qui grandit dans l’ombre de ceux-là: Michel Bernanos, et vous obtenez l’auteur de La montagne morte de la vie, un roman magnifique, un récit épique à la confluence de l’oeuvre de Jules Verne (Voyage au centre de la terre) et de Louis-Ferdinand Céline (Voyage au bout de la nuit) dont la puissance narrative n’a rien à envier aux plus grands écrivains. 


Le narrateur est un mousse embarqué sur un navire après une soirée arrosée, un peu par hasard, un peu de force, finalement livré à lui-même au sein d’un équipage cruel qui ne lui épargne aucune épreuve. Il nous embarque à sa suite dans un récit sous tension, joliment rythmé, qui semble réel dans une première partie, ou du moins plausible, et emprunté à l’onirisme de l’auteur dans une seconde partie, à la frontière de la vie et de la mort sans qu’on ne sache jamais où ces aventures ont bien pu le mener, à se demander si sa mort ne l’a pas tout simplement réveillé du rêve de la vie, pour reprendre la belle formule de Percey Shelley. 

L’auteur n’a pas connu la postérité de son vivant avec ce roman magnifique puisqu’il a été publié posthume, trois ans après son suicide dans la forêt de Fontainebleau, mais il a réussi à se faire un prénom avec ce chef d’oeuvre qui se lit d’une traite, ne s’oublie pas, et parfois vous hante délicieusement, bien longtemps après.


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