lundi 24 septembre 2012

Pierre Brossolette, par Eric Roussel

Des rues, des stades, des écoles portent son nom, sans que bien souvent nous n’en connaissions la raison. De la résistance intérieure française au cours de la seconde guerre mondiale, l’Histoire a surtout retenu le nom de Jean Moulin. Mais il ne faudrait pas oublier ou négliger celui de Pierre Brossolette.

Son engagement dans la résistance n’a pas été le fait d’une opinion politique comme l’était celui des communistes à partir de la rupture du pacte germano-soviétique en juin 1941. Il n’a pas non plus été le fait d’un patriotisme intransigeant comme l’était celui du Général de Gaulle dès juin 1940. Pierre Brossolette a semblé vouloir s’engager par principe. Simplement parce que le parlement avait piétiné la Constitution de la République en votant les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940.

Vigilant et intransigeant sur les principes républicains, Pierre Brossolette s’est alors engagé dans la résistance à Paris, puis a rejoint le Général de Gaulle à Londres, pour seconder le Colonel Passy à la tête du BCRA, le service d’espionnage de la France combattante. Et c’est au cours de l’une de ces missions périlleuses destinées à unifier les résistants de la France occupée qu’il s’est fait prendre par l’ennemi, le 3 février 1944.

Sous la torture, et comme le légendaire architecte du Temple du Roi Salomon à une autre époque, il a préféré la mort plutôt que de livrer le dépôt sacré qui lui avait été confié. Et c’est donc à lui, ainsi qu’à tous les anonymes de la France combattante et résistante que nous devons d’être libres aujourd’hui. Son discours à l’Albert Hall de Londres le 18 juin 1943 en hommage à tous les morts dont la chaîne innombrable constitue notre trésor de gloire était prémonitoire et magnifique :

[...] Et là-bas, dans la nuit du martyre et de la captivité, la voix pathétique qui leur répond, c'est la voix des morts du combat souterrain de la France [...] En cet anniversaire du jour où le général de Gaulle les a convoqués au banquet sacré de la mort, ce qu'ils nous demandent ce n'est pas de les plaindre, mais de les continuer. Ce qu'ils attendent de nous, ce n'est pas un regret, mais un serment. Ce n'est pas un sanglot, mais un élan.

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