lundi 23 janvier 2012

Tais-toi et pardonne, de Laurent de Villiers

Le crime serait double: Un jeune homme aurait violé son frère cadet à plusieurs reprises. Leur famille aurait pris le parti du silence.

A travers ce témoignage, Laurent de Villiers livre sa vérité du feuilleton judiciaire qui égrène l’actualité depuis qu’il a décidé de déposer plainte contre Guillaume, son frère ainé, pour des violences sexuelles subies durant son enfance. Il revient sur ses origines, sur sa famille, sur la religion, sur la carrière et l’ambition politique de son père. Il livre un certain nombre de clés qui sans proposer une généalogie explicite des faits viennent lourdement mettre en cause l’éducation qu’il a reçue, notamment pour son versant intégriste. 

La parution du livre précède l’arrêt de la Cour de cassation du 7 décembre 2011 qui annule le non-lieu prononcé par la Cour d’appel de Versailles le 17 décembre 2010, et ordonne le réexamen du dossier par la Cour d’appel de Lyon.

Très clairement, l’affaire Villiers soulève une question fondamentale sur notre système judiciaire : Comment le Parquet de Versailles peut-il faire Appel de l’Ordonnance de renvoi d’un Juge d’instruction dans une telle affaire ? Qu’il le puisse parce que le Code de procédure pénale l’autorise, nous l’avons tous compris. Mais qu’il le puisse moralement? Comment un Magistrat du Parquet peut-il se sentir autorisé à demander qu’une telle affaire ne soit pas jugée, quand un Magistrat du Siège l’a demandé en toute indépendance ? Montesquieu a du se retourner dans sa tombe !

La carrière des Magistrats semble un enjeu bien lourd au regard de ce que devrait être leur indépendance. Pour quelle raison ne sont-ils pas désignés par le Souverain Peuple ? Pourquoi dans un pays supposé démocratique, les Magistrats ne sont-ils pas élus par le Peuple ? Comme le sont les députés qui assument le Pouvoir législatif. Comme l’est le Président de la République, qui désigne le Premier ministre et assume ainsi le Pouvoir exécutif. Comment accepter que le Pouvoir judiciaire soit à ce point fragilisé par les institutions?

A travers son livre, Laurent de Villiers dépasse les incohérences de l’appareil judiciaire pour exprimer avec élégance et dignité toute l’incompréhension qui est la sienne face à ce qu’il affirme avoir subi de son frère, mais aussi de sa famille qui semble l’avoir sacrifié à un silence inacceptable. Qui peut faire cela à son propre enfant ? Son livre est un cri, et il faut espérer que nous soyons nombreux à l’avoir entendu.

2 commentaires:

  1. Bravo pour ce magnifique article tellement lucide et juste ,merci l' auteur peut il se faire connaître ??? cela fait un bien fou de rencontrer des gens aussi intelligents!

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  2. Merci c'est bien gentil. Vous pouvez vous abonner sur le compte twitter du blog pour suivre les prochains billets.

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