dimanche 27 novembre 2011

Avant le silence des forêts, de Lilyane Beauquel

L’horreur de la guerre peut se dire d’autant de manières qu’il y a d’auteurs pour l’écrire. On voudrait la dire instinctivement par des cris ou dans un sanglot étouffé, pour exprimer le caractère tragique et déchirant de ce qu’elle accompagne : la peur, les blessés, l’angoisse, la Mort, les morts. L’horreur de la guerre chuchotée par Lilyane Beauquel dans Avant le silence des forêts, trouve une tonalité inédite, drapée dans un style complet, poétique et particulièrement doux. L’horreur de la guerre de Lilyane Beauquel est une longue et douloureuse poésie.

Chacun des chapitres offre un thème et la description de son incidence sur le cours d’une bataille, sur le sentiment d’un soldat, sur le moral des troupes ou sur leur mélancolie. Le style est à la fois descriptif, factuel, incisif, et poétique. L’ordre de lecture ne semble pas importer, la construction narrative est telle que chacun des chapitres se suffit à lui même, chacun offrant au lecteur l’occasion d’enfoncer un peu plus sa tête entre ses épaules, écrasé par l’inimaginable simplicité des horreurs qui y sont décrites.

Narrée par son versant germanique, la première guerre mondiale et ses grandes batailles n’en sont pas moins accablantes pour l’humanité toute entière. Peu importe au fond le coté duquel se situe le narrateur, l’histoire a déjà jugé la vacuité politique de cette boucherie et le tribut exorbitant versé par les peuples des deux bords. Sur ce sujet il est toujours souhaitable de se souvenir du pire, pour espérer que l’avenir promette à nos enfants une existence paisible. Lilyane Beauquel nous y invite avec une élégance particulière et c’est bien le moins que de l’en remercier.


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