vendredi 16 septembre 2011

L'alcool et la nostalgie, de Mathias Enard

Sur l’amitié, chacun a son idée. Mathias Enard livre la sienne dans L’alcool et la nostalgie, un récit généreux qui emmène le lecteur de Moscou à Novossibirsk, à travers la Sibérie pour un voyage en train qui est l’occasion de s’adresser à l’ami disparu, Vladimir, dont le narrateur ramène le corps jusqu’à son village natal pour qu’il y soit inhumé parmi les siens.

Le fil du récit livre la réflexion du narrateur au moment où il traverse les territoires clés de l’histoire de la Russie, consolant l’histoire et la géographie de se trouver si souvent séparées, et convoquant les grands noms de la culture russe, de Dostoïevski à Tchekhov, pour faire naître ou renaître en chaque lecteur le sentiment de grandeur de la Russie et de ceux qui la peuplent. Chaque ligne incite à mieux connaître les russes, la Russie, leur histoire, et leur culture.

Sur la complexité des sentiments amoureux et amicaux, le narrateur n’est pas en reste non plus : Deux jeunes hommes - notre narrateur et Vladimir - se rencontrent, ils se jaugent et se méfient l’un de l’autre, se découvrent puis deviennent amis. Ils se saoulent ensemble, se droguent ensemble, se perdent ensemble, puis se trouvent amoureux de la même femme, Jeanne, qui les déchire. Ils se séparent et se retrouvent dans ce train pour Vladivostok, l’un dans son cercueil et l’autre pour l’accompagner, triste et mélancolique, exprimant par là l’inconditionnalité de son amitié, au delà du pire de la vie, au delà de la mort.

 


1 commentaire:

  1. merci pour ce beau résumé de L'alcool et la nostalgie". Mathias Enard reste dans la nostalgie car si j'ai bien compris ce que disait Bernard Pivot lors de la remise du Goncourt, l'auteur a écrit avec son nouveau roman, un livre dont la nostalgie est enivrante. Je vais donc les lire.

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