dimanche 3 juillet 2011

D'amour et de colère, de Jean-Louis Béreil

Du militaire on a souvent l’image rugueuse et autoritaire de l’homme occupé par la guerre et par ses horreurs, vivant « à la dure », parlant sans ambages; une personnalité dénuée de sentiments, une machine à tuer. C’est négliger le romantisme qui marque l’engagement de beaucoup de soldats et la sensibilité qui parfois les pousse à rejoindre une organisation structurée qui les rassure. 


Avec D’amour et de colère Jean-Louis Béreil nous offre un recueil de ses poèmes, de sa jeunesse landaise à sa retraite et sa vie de grand-père comblé par ses enfants et petits-enfants, évoquant la distance des êtres aimés ressentie au cours de son engagement d’Officier d’infanterie, disant ses joies et ses angoisses de père et de grand-père, célébrant les territoires traversés au cours de son existence, rendant hommage aux saisons, le tout versifié majoritairement en quatrains ce qui le rapproche beaucoup plus de Charles Baudelaire ou de Paul Verlaine que du sergent Hartman décrit par Stanley Kubrik dans Full Metal Jacket.

S’il est vrai qu’on ne se baigne jamais dans le même fleuve, les rives du fleuve changent peu au cours du temps et ce dernier retrouve toujours son lit après les crues fussent-elles mémorables, ce que nous confirme Jean-Louis Béreil dont le style est égal de son adolescence landaise à sa retraite en passant par ses années de Corniche, malgré les tempêtes auxquelles il a assisté, malgré les drames et difficultés qui marquent la vie d’un soldat, celle d’un père, d’un grand-père, celle d’un citoyen et au fond aussi la vie d’un homme.

Il y a dans ce recueil une colonne vertébrale faite de volonté et de droiture qui semble inaltérable mais qui ne l’emporte pas sur la douceur et sur la générosité, ce qui probablement ravira les anciens enfants de troupes, les engagés de toutes sortes, les citoyens et tous ceux qui aiment voir le monde tel qu’il est mais pour le lire avec élégance et sans trahir l’émotion qui les anime alors.


3 commentaires:

  1. Avec une pensée particulière pour Hélène et Olivier qui m'ont offert ce livre en pensant très justement qu'il ne pouvait que me plaire. Un grand Merci.

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  2. Bonsoir Guillaume

    Quand je lis votre phrase, dois-je comprendre que ce livre ne vous a pas plu... ou l'inverse?
    Merci. Bien cordialement.

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  3. Ce livre m'a beaucoup plu, il m'a beaucoup touché.

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