lundi 27 juin 2011

Les foudroyés, de Paul Harding

Chaque vie est singulière et chaque mort l’est tout autant. Paul Harding nous invite au chevet de Georges Washington Crosby quelques jours avant sa mort entouré des siens au milieu de son salon au terme d’une lente agonie causée par un cancer généralisé.


L’agonie de Georges est l’occasion de se remémorer les évènements qui ont marqué le cours de sa vie, de l’achat d’un arbre à pipe à la réparation d’une horloge, au départ de son père épileptique qui redoutait d’être interné par son épouse après une crise mémorable pendant laquelle il avait mordu la main de Georges jusqu’au sang. Chacun de ces événements apparaît comme un hapax existentiel et vient hanter Georges jusqu’à son dernier soupir.

L’écriture est remarquable de finesse et de précision, comme les horloges que Georges Washington Crosby s’est mis à réparer au moment de sa retraite. Elles semblent rythmer le récit, imposant leurs lourds mécanismes au grès des pages, avec une précision inaltérable. Avec elles, c’est une réflexion sur le temps qui passe que livre l’auteur. Sur le temps qui reste aussi bien entendu. Et parfois aussi sur le temps perdu.

Paul Harding élève ainsi l’art du roman jusqu’au sommet du questionnement ontologique, avec un style manifestement hérité des plus grands écrivains américains. Le récit apparaît au grès des pages comme un doux chuchotement, comme un souffle expliquant calmement que chaque vie est imparfaite, que chacun fait de son mieux et que surtout chaque vie mérite d’être vécue jusqu’au bout. On en ressort soulagé. 

2 commentaires:

  1. J'ai déjà entendu parler de ce livre mais jamais l'occasion de le lire ne s'est (encore) présentée. A suivre donc!

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  2. J'espère que tu viendras raconter ici ce que tu en as pensé...

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