dimanche 17 avril 2011

Le corps des anges, de Mathieu Riboulet

Il faut du talent pour parler de la mort et réussir à la rendre belle. Surtout quand cette mort est donnée. Mathieu Riboulet a ce talent : Il emprunte au réel ou à ce qui pourrait l’être et poétise son récit à travers une prose remarquable pour en faire un chef d’œuvre.
 

Il y a du Faulkner dans le style : Les phrases sont longues, le vocabulaire est choisi, pesé avec minutie, les lieux ont leur importance. Il y a entre les lignes un coté Nietzschéen. Le Nietzsche du début, celui de La naissance de la tragédie : Le récit tourne autour du corps de deux jeunes hommes et des douleurs qu’ils s’infligent pour des raisons qui les regardent. Dionysos et Apollon sont en permanence confrontés entre les lignes du narrateur pour aboutir à une esthétique singulière, propre à l’auteur.
 
Eros et Thanatos eux aussi sont convoqués entre les lignes. La mort et l’amour jouent leur rôle, ils s’opposent, se confrontent, se confondent. Couplés à Chronos qui rythme le récit au fil des lignes, ils font l’éthique. Les anges de Mathieu Riboulet sont fantastiques. Ils sont fabuleux, épiques, alors que rien ne les prédestinait à ce destin homérique sinon des accidents de la vie que chacun à sa mesure n’envisagerait de vivre que loin de l’éthique et de l’esthétique proposées par l’auteur. Mathieu Riboulet montre avec ce livre que l’écriture rend beaux les individus singuliers et ce qu’ils font. Et ça fait du bien. 


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