mardi 22 mars 2011

American Psycho, de Brett Easton Ellis

Il paraît que ce livre a fait un scandale lorsqu’il est sorti aux Etats-Unis il y a vingt ans. Ce qui est certain, c’est qu’on en ressort un peu secoué. Fasciné et secoué. C’est l’histoire à New-York d’un jeune cadre financier de haut niveau qui se révèle être un tueur en série.


Plusieurs éléments font de ce livre un ouvrage à part. Le ton, tout d’abord : Qu’il s’agisse de décrire le traitement infligé à la tête arrachée de l’une des victimes du narrateur ou qu’il s’agisse de décrire l’atmosphère d’une soirée new-yorkaise, le ton est le même, la plume ne tremble pas une seule seconde, comme si tout n’avait qu'une valeur relative : les soins du visage, le sexe, les vêtements, l’alcool, le meurtre, l’argent. Et paradoxalement, la puissance narrative s’en trouve décuplée, le narrateur tient littéralement le lecteur au bout de ses phrases. Chacun se trouve entraîné, probablement animé aussi par sa curiosité morbide, au fil du livre.

Un autre aspect intéressant : La présence de marques. Des paragraphes entiers viennent décrire le style vestimentaire des multiples personnages, un par un, avec la marque du costume, celle de la cravate, les chaussures, etc. Est-ce une manière de placer le récit au cœur de la société moderne ? Le rendre plus réel ? J’ai une autre théorie : Je pense qu’avec ce roman, Brett Easton Ellis veut dénoncer la société américaine, notamment dans ses aspects consuméristes. Le pas est vite franchi pour relier de cause à effet la marchandisation du quotidien des personnages et la soif sanguinaire de Patrick Bateman, le narrateur du roman.

Au fur et à mesure que l’on avance dans le récit, on se dit que Patrick Bateman est totalement libre. Quoiqu’il décide de faire, il n’y a aucune conséquence. Il tue, il viole, il joue avec des cadavres, et il semble jouir d’une impunité totale. Patrick Bateman m’évoque un Donatien de Sade contemporain : Le cynisme dans son acception la plus fondamentale. Mais ensuite on ne se dit plus qu’il est libre, mais plutôt qu’il est fou, comme le marquis d'ailleurs: Il apparaît totalement dévoré par ses pulsions sanguinaires, et il semble que ces dernières vont en s’accentuant, au fur et à mesure du récit. Puis enfin on est pris d’un doute sur la dernière partie : On a l’impression que le récit n’est que le fruit de l’imagination du narrateur, comme s’il s’agissait pour lui d’un songe, comme s’il était incapable de sentir la frontière existant entre ce qu’il vit et ce qu’il rêve ou imagine. Mais on n’est jamais vraiment certain de savoir de quoi il en retourne. Ce qui rend ce livre capable de nous hanter pour de longues années. 


1 commentaire:

  1. hou, ton premier com! prems!
    c'est marrant que tu trouves le heros libre, moi je trouve qu'il est tout coince dans son carcan social, avec une peur d'echouer enrome. Il faut lire Lunar Park pour mieux comprendre Patrick Bateman. et le livre est top aussi.

    RépondreSupprimer